Fraude bancaire, il faut être raisonnablement paranoïaque

Mercredi 20 Mai 2026

Ce sont des histoires qui se produisent sans avertir, touchant mêmes les plus avertis. La fraude bancaire sous toutes ses formes se déploie sur les réseaux. Vous recevez une facture par courriel interceptée entre temps par l’escroc ayant modifié le numéro de compte bancaire, vous recevez un SMS à valider aux fins de soi-disant vérifications techniques, votre conseiller bancaire vous appelle prétextant une usurpation de votre compte. Particuliers et professionnels sont confrontés à ce phénomène qui ne s’est jamais aussi bien porté.

Les banques ne cessent d’augmenter le niveau de sécurité de leurs infrastructures en contre-feu à ce fléau. Car la défaillance des outils techniques qu’elles mettent en œuvre est le domaine de leur responsabilité.

Pour percer les systèmes, les escrocs doivent donc davantage agir, non sur l’infrastructure de plus en plus complexe de la banque (plateforme, site), mais l’utilisateur. Nous retrouvons là l’essence de l’escroquerie : la manipulation de la victime pour qu’elle remette les clés d’accès à son compte. Et pour manipuler quelqu’un, il faut le connaître pour le mettre en confiance. On vous fera croire que le courriel, le SMS ou l’appel vient d’une adresse ou d’un numéro de votre banque. Les escrocs n’hésiteront pas à prendre sur les réseaux sociaux ou les plateformes de vente les moindres informations vous concernant.

Et, parlant de fraude, dès que vous relayez une information, vous ne pourrez que difficilement rechercher la responsabilité de votre banque. Saisissez un mauvais numéro de compte bancaire pour un virement, donnez un identifiant ou un mot de passe à un tiers que vous pensiez de confiance ; et les fonds détournés ne pourront être réclamés à la banque.

Le seul espoir restera dans une plainte pénale de pouvoir retrouver le véritable escroc. Mais votre argent sera déjà loin.

Il faut donc appliquer la plus grande vigilance en utilisant les canaux sécurisés de votre banque (telle l’application en ligne) et ne pas délivrer ou valider d’informations vous concernant (identifiant, mot de passe) lorsque vous recevez une sollicitation par téléphone ou courriel sans appeler au préalable votre conseiller.